Depuis plusieurs jours, mes jambes sont enflés le soir lors de mon retour de travail. Mais quand je me lève, tout redevient normal.
le 11 septembre, à mon reveil, rien ne va plus. Elles ne désenflent pas. Je ressens également une légère douleur à l'aine droite, et en vérifiant j'y aperçois une bosse, qui plus est, est dure.
Avec Elaine, nous décidons donc d'aller aux urgences de l'hôpital afin de faire vérifier tout ca. Le médecin présent, voyant mon etat, me fait une panoplie de test. Le couperet tombe quelques semaines plus tard : Cirrhose du foie en mode terminal du a une hepatite C, lymphome folliculaire a l'aine droite.
J'ai voulu avec ce site raconter mon histoire afin de montrer que malgré tout ce qui peut arriver, la vie continue et qu'il faut toujours garder espoir, meme quand tout montre qu'il n'y a plus d'espoir. Chaque instant de la vie est bon a prendre, qu'il ne reste que 5 jours ou 50 ans.
Mon histoire commence le mercredi 12 mai 1981 en France. J'étais
arrêté a un feu de circulation, attendant qu'il passe au vert....
Ce matin la, il etait 10h20 à peu près, j'etais sur ma moto (Honda
XLS125) en compagnie d'un ami également sur sa moto. Nous partions
prendre un café dans le centre ville, dans un bar appelé "le Balto",
face a la maison de la presse. La lumiere passe au vert, nous
demarrons, mais arrive de l'autre cote de l'intersection, une vieille
dame decide de traverser. Il est trop tard pour moi de freiner. Peu de
solutions s'offrE a moi. Soit je tente un virage tres serre vers la
droite mais au risque de finir sur le trottoir, soit je tente de passer
derriere elle mais il n'y a pas assez de place. A ce moment, elle
s'arrete au milieu de la chaussee. Je decide de passer devant
elle. Je ne sais pas pourquoi, elle se remet a
avancer.
Je freine de toute mes forces, serrant la poignee de frein
avant. Mais il est deja trop tard. Mon coude gauche la touche, et la roue
avant se bloque. La moto se change en catapulte et m'expulse vers
l'avant. Je vole. Au moment ou je vais toucher le sol, un camion de
livraison est stationne sur une aire zebree. Dans mon elan, je
rebondis sur l'arriere gauche et me retrouve sur le trottoir. Un
attroupement se fait alors. Je reprends mes esprits, leur dit de
s'ecarter car j'arrive a peine a respirer. Je comprends alors que je
dois avoir une ou deux cotes de cassees. Mais c'est tout. C'est vrai,
mon ventre semble gros, etil est chaud. J'essaye de bouger mes jambes,
j'y arrive. J'essaye mes bras, j'y arrive.
Les pompiers arrivent alors. Ils essayent de me retirer le casque. Je
leur ordonne de me le laisser en attendant une radio de la tete
indiquant qu'il n'y a aucun risque. Ils me transportent a l'hopital
Francois Quesnel (Mantes).
Apres un voyage qui me semble durer des heures, je me retrouve dans une
salle a attendre, le casque toujours sur ma tete. Ils me font une
radio, aucun risque, je peux l'enlever. Mon ventre me semble tres gros.
Un medecin me dit qu'il doit verifier. On m'emmene en salle
d'operation......
Je me reveille.... dans une salle que je ne reconnais pas. Un appareil
respiratoire entre les dents. Je me debat pour l'enlever. Ils sont 5 ou
6 a tenter de me tenir, et on m'attache, non sans me faire jurer que
j'arreterais de me debatttre si on me l'enleve. Je dis oui bien sur. Et
ils me l'enlevent.
Deux jours apres, j'apprends que je suis a l'hopital Paul Brousse a
VIllejuif. Suite a mon accident, on ma retire une partie de mon foie.
Rien a craindre, ca repousse. Quelqu'un, je ne sais plus qui,
m'explique aussi que c'est un miracle si je suis encore en vie. Mais
oui, je suis en vie, et j'y tiens a cette vie !!!!
24 ans apres, un matin de septemblre 2003, je suis aux urgences, a
l'hopital de Gatineau. Les chevilles tres enflees. On me fait une
batterie de tests. Le diagnostic : cirrhose du foie en mode terminal
et quelques semaines plus tard, nous apprenons, Elaine et moi, la presence d'une hepatite C.
Cette annee, j'ai entame une procedure afin de prouver que l'hepatite C
est d'origine transfusionnelle. Une plainte a ete deposee aupres des
tribunaux.
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